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Problème de la vision colorée déficiente

Dans le monde multimédiatique, comme pour le monde tangible, on retrouve souvent les mêmes problématiques qui refont surface avec plus d’acuité, entre autres celui concernant l’accessibilité des utilisateurs ayant une vision colorée déficiente. Parmi la majorité des sites Internet ou de productions multimédias qui existent présentement, bien peu de concepteurs et de producteurs se soucient des groupes que représentent les individus avec des ennuis de vision (NEW 00). Pensons en particulier aux difficultés des dyschromates(daltoniens) se caractérisant principalement par le dysfonctionnement de deux des trois canaux de la vision (rouge, vert ou bleu) qui génère la confusion de plusieurs couleurs ou fait éprouver des ambiguïtés dans la discrimination de certaines couleurs ou teintes.

Ce problème de vision colorée déficiente fut reconnue au XVIIIe siècle par le physicien et chimiste John Dalton atteint de ce type de cécité de la couleur et diagnostiqué comme tel par le médecin Thomas Young. Dalton éprouvait la forme la plus fréquente de dyschromatopsie, soit l’absence de distinction entre le vert et le rouge (COU 99). Cette vision colorée déficiente origine génétiquement d’un gène récessif (Figure III) porté par le chromosome X lié au sexe (CAM 95). Les affections comme le diabète et le glaucome peuvent également déclencher une perturbation de la vision de couleurs acquises.

Figure III – Transmission du gène récessif lié au sexe
Transmission du gène récessif lié au sexe

On retrouve dans la population caucasienne environ 8 % des hommes possédant une déficience visuelle des couleurs (Tableau 2). De ce nombre, plus de 1 % ne voit pas le rouge, donc manque de photopigments pour les cônes du rouge (protanope), 1,1 % ne voit pas le vert, donc manque de photopigments pour les cônes du vert (deutéranope), 1 % possède des cônes dysfonctionnels à la perception du rouge (protanomal) et 4,9 % possède des cônes dysfonctionnels à la perception du vert (deutéranomal). Seulement 0,002 % des hommes sont amblyopes au bleu et uniquement 0,003 % des hommes ne distinguent aucune couleur (monochromate). Les femmes qui possèdent une déficience visuelle des couleurs représentent uniquement 0,4 % de la population (RIG 99).

Tableau 2 - Incidence de la vision colorée déficiente

Type

Incidence (%)

Hommes

Femmes

Protanomal

1

0,02

Protanope

1

0,02

Deutéranomal

4,9

0,4

Deutéranope

1,1

0,01

Tritanope

0,002

0,005

Achromatope

0,005

0,005

L'incidence de défauts de la vision colorée, visant particulièrement les hommes, varie énormément entre les populations mondiales. Ce problème concerne environ 8 % pour les hommes caucasiens, 6 % pour les hommes asiatiques et 4 % pour les hommes africains. Source du tableau (RIG 99) et (WOL 99)

Figure VI – Pourcentage des formes de dyschromatopsie

En considérant que la population mondiale compte plus de 6 milliards d’individus et que le groupe des dyschromates qui représente tout de même près d’un homme sur douze, la déduction nous porte à penser que ces utilisateurs représentent plus de 240 millions de personnes. Si l’on fait une transposition dans le réseau Internet où les internautes représentent présentement plus de 350 millions d’utilisateurs dans le monde (GRI 01), nous pouvons évaluer les dyschromates à près de 14 millions d’utilisateurs.