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Des solutions d’accessibilité

Le développement du multimédia comme dans tout mouvement naissant a traversé plusieurs phases. Après un début où l’aspect technique primait souvent sur les besoins de l’utilisateur, on perçoit maintenant des préoccupations de plus en plus marquées, axées sur l’accessibilité des interfaces multimédias en vue des nécessités des utilisateurs. Pensons aux écrits de Jakob Nielsen: « les maîtres mots sont : simplicité et facilité d’accès ». Pour répondre à ces besoins, un nouvel art qui découle de l’ergonomie, prend une importance notoire depuis quelques années, on le connaît sous l’appellation « Utilisabilité ».

L’utilisabilité d’un système multimédia interactif se définit comme étant la convivialité avec laquelle un utilisateur cible se trouve en mesure d’effectuer avec succès, et sans empêchements, les tâches informatisées pour lesquels ce système fut conçu (LAF 00). Sur le plan des préoccupations de l’utilisabilité, celle du nombre d’erreurs commises, celle du soin arboré pour l’adéquation à la tâche et celle reliée à la satisfaction subjective de l’utilisateur (LAF 00) semblent particulièrement intéressantes.

Le problème de perception visuelle posé contextuellement par l’utilisation de la couleur dans une interface multimédia utilisée par les dyschromates prend la forme d’un problème d’utilisabilité. En effet, les utilisateurs dyschromates, malgré les stratégies et les techniques développées pour contourner leurs difficultés de perception de couleurs, demeurent souvent confus en ce qui a trait à la lisibilité, au contraste des textes et des images avec les arrière-plans ou devant les choix demandés dans la signalisation du système navigationnel de l’interface (NEW 00) (RIG 99) (WIL 98).

Pour faciliter l’accessibilité des interfaces, maintes pistes valent la peine d’être explorées. Plusieurs auteurs proposent des solutions au plan logiciel et de l’utilisabilité :

  • L’utilisation de plugiciels comme Insight* et Vischeck*, de l’applets Java de Hans Brettel*, de tables de conversion et de palettes de couleurs comme celle de Christine Rigden* ou de J.J. Solari* qui simulent les couleurs pour les différentes catégories de dyschromatopsie (BRV 98) (RIG 99) (WOL 99).
  • L'application plus systématique de formes, de signes ou de textures comme point de repérage et de signalisation navigationnel (NEW 00) (VOL 97 : 43) (WOL 99).
  • L’emploi de texte souligné pour distinguer les hyperliens et de texte descriptif pour le remplacement des hyperimages peut s’avérer une solution nécessaire pour certains utilisateurs (NAI 90) (NEI 99) (NEW 00).
  • La constitution d’une palette-sûre pour la vision colorée déficiente guidera les concepteurs dans le choix des couleurs d’une application multimédia (RIG 99) (WOL 99).
  • L’augmentation des contrastes de couleurs entre le texte et le contexte (premier plan et arrière plan) en utilisant les couleurs lumineuses du milieu du spectre chromatique avec les couleurs sombres du début ou de la fin du spectre. Pour les dyschromates cela rendrait plus aisément distinguables, les textes, images et formes constituant le projet multimédia (NEW 00) (WOL 99).

Ces propositions ont l’avantage de constituer des solutions pratiques, facilement accessibles et se voient sélectionner pour une utilisation rapide dans un contexte de production multimédia.

Faciliter l’accessibilité

Dans la masse d’utilisateurs qui emploient le multimédia, bon nombre d’entre eux se retrouvent avec des besoins spécifiques liés parfois à leur profession ou difficultés physiologiques. De ces usagers, un groupe apparaît connaître des nécessités spécifiques liées à la problématique de la vision colorée déficiente. En effet, les internautes dyschromates, à travers le monde, éprouvent des difficultés notables concernant l’aspect navigationel des interfaces multimédias qui ne tiennent pas compte des règles d’utilisabilité et d’harmonie des couleurs. Certains utilisateurs daltoniens réussissent, avec la pratique, à s’adapter aux environnements multimédias couleurs, mais ressentent toujours de nombreuses difficultés et frustrations à distinguer des éléments ou des textes qui passent outre les règles de contraste des couleurs.

Comme le mentionne Jakob Nielsen « Même lorsqu’il n’est pas possible de concevoir un site entièrement accessible aux handicapés, il est de notre responsabilité d’inclure autant de fonctions d’accessibilité que possible ». Nous ne devons pas voir ces règles d’utilisabilité comme des contraintes qui réduiront l’aspect graphique et esthétique des projets mais bien comme des défis qui augmenteront la diffusion et la cohérence du produit final.

Rendre accessible Internet aux utilisateurs ayant une vision colorée déficiente relève de ce défi personnel et social réalisable.

Donc, dans le cadre de cet essai, nous tenterons de constituer un ensemble d’outils en vue d’aider les concepteurs d’interface multimédia afin qu’ils puissent améliorer l’accessibilité à Internet pour les utilisateurs ayant une version colorée déficiente.