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Texte, typographie et lisibilité
Les interfaces multimédias contiennent plusieurs façons daccéder à de linformation. Cependant, il devient important dassurer une bonne accessibilité aux façons les plus utilisées, les plus recherchées et en même temps, celles causant le plus de difficulté aux utilisateurs daltoniens. Ces façons concernent la disposition, la structure des textes et la qualité de lisibilité. Le contenu textuel utilise en effet, la typographie pour transmettre de linformation. Dans les caractéristiques importantes concernant la typographie, on retrouve la lisibilité ainsi que le contraste entre le texte et le contexte.
Généralement pour les contenus textuels, on emploie la typographie noire sur fond blanc ou gris pâle pour obtenir une lisibilité maximale et transmettre efficacement les messages. Le texte blanc sur fond noir est en théorie aussi lisible, mais lil est moins habitué à lire des textes en renversé (NIE 99). Néanmoins, lutilisation du renversé peut savérer un moyen utile peut mettre en évidence certains blocs de textes substantiels.
Une autre caractéristique de la typographie concerne la relation entre le format des polices de caractère et leur couleur. En effet, une même couleur nest pas toujours utilisable pour toutes les dimensions de typographie. Ceci provient du phénomène des contrastes simultanés. Ce phénomène fait varier les contrastes si le format des caractères augmente ou diminue par rapport au fond coloré. La seconde cause vient du lissage des caractères, généré par le système informatique et lécran. Ceci touche les polices de petit format en particulier.
Lorsquon parle de couleur et de typographie, on doit établir une distinction entre les deux principales applications de la typographie, soit les textes et les titres. La couleur pour ces deux types dapplication se déploie différemment.
Par exemple, les titres, en raison des caractéristiques liées à leur format, leur graisse et leur longueur, peuvent employer des couleurs moins assujetties aux contraintes de contraste des daltoniens. Dautre part, l'utilisation de différents styles de titres colorés, entre autres le style décoratif, peut contribuer à augmenter limpact visuel.
Figure XI Relation des couleurs entre le texte et le contexte

Remarquer la différence entre la première colonne et les deux autres colonnes qui correspondent à la vision des dichromates. La deuxième colonne simule la vision des protanopes et la troisième colonne simule la vision des deutéranopes.
Dautre part, les caractéristiques et fonctions du texte restreignent lutilisation des choix de couleurs étant donné que la première fonction dun caractère typographique demeure la lisibilité. Ceci demeure plus vrai que jamais depuis que lon accède au contenu textuel directement à lécran. Conséquemment, lemploi des couleurs de luminosité pâle ou moyenne comme le rouge, orange, jaune, vert, violet et bleu doit être évité pour des textes complets sur fond blanc. À noter que la couleur bleue est réputée comme la moins perceptible par lil humain, car lil humain contient moins de cônes récepteurs pour la longueur dondes du bleu. Il faut éviter à tout prix la combinaison de textes rose sur fond vert (Figure XI) (NEI 99 : 62 et 124).
Comme mentionné précédemment, le noir sur fond blanc ou gris pâle demeure toujours la couleur idéale pour une lisibilité maximale. Cependant, lemploi de texte coloré foncé peut devenir intéressant pour établir des distinctions visuelles et créer une certaine dynamique dans les pages.
La relation de la typographie avec le premier plan et larrière-plan soulève certainement laspect le plus équivoque dune interface multimédia. De fait, lembarras débute lorsque le concepteur doit sélectionner les couleurs qui serviront pour le texte et le contexte ainsi que pour les formes et larrière-plan.
Les concepteurs veulent avoir le plus de possibilité dans leur choix de couleurs et les daltoniens veulent accéder à des interfaces multimédias où ils pourront lire et naviguer avec aisance. Quelques solutions existent pour réussir à concilier les attentes de chacun :
- La première issue consiste à choisir un contraste de couleur élevé entre les éléments.
- La deuxième touche à la juxtaposition des éléments ou des formes colorés. En effet, les concepteurs de plusieurs sites Internet ne sont pas conscients de limportance dassurer un degré de contraste visible entre la tonalité colorée de deux éléments pour éviter la confusion.
- La troisième concerne la vérification avec des logiciels, des applets ou des plugiciels de simulations de dyschromatopsie, de linteraction des couleurs pour assurer une harmonie et un contraste valables.
- Une quatrième façon de faciliter la navigation réside dans l'usage du mode inversion de couleur qui consiste à prendre un bloc ou une forme de couleur et de lui superposer un texte de luminosité opposée. Cependant, il faut réserver cette procédure pour les endroits où la distinction des couleurs est nécessaire et lutiliser sur des surfaces de petites et moyennes dimensions.
Il faut toujours garder à lesprit que la majorité des utilisateurs daltoniens confondent le rouge et le vert, de sorte quils voient seulement les couleurs dans les tons de jaune à jaunâtre, de bleu à bleuâtre et de gris à brunâtre.
Donc, lorsque les concepteurs auront pris le temps de mieux connaître les contraintes de vision colorée des daltoniens et détablir des harmonies de couleurs, les interfaces multimédias vont gagner en sobriété et en accessibilité pour lensemble des utilisateurs.
Pourtant, lemploi de texte ou de fond coloré ne doit pas, pour autant, être rejeté. Lorsque choisi judicieusement, le texte ou le fond coloré peut contribuer à augmenter la portée et limpact du message. Par contre, la couleur du texte et du contexte qui ne tient pas compte des singularités de la vision colorée déficiente, peut diminuer laccessibilité aux utilisateurs daltoniens. En conséquence, le choix des couleurs de la typographie et de son contexte doit se faire minutieusement. La sélection se fait en fonction de linteraction des couleurs entre elles et de leurs contrastes avec le contexte.
Dans les systèmes de navigation, les liens hypertextes tiennent une place particulière. De sorte que, vu leur utilité et leur discrétion, les utilisateurs doivent toujours avoir de la facilité pour les repérer à lintérieur des textes. La pertinence de lattribut souligné garde toujours son utilité, dautant plus quil constitue un code bien connu pour la majorité des usagers.
Comme la couleur de ces hyperliens vers des pages non visitées est le bleu et les liens des pages visitées se trouvent le rouge ou le violet dans la majorité des navigateurs. Quoique le bleu soit une des couleurs les plus difficiles à percevoir, il demeure intéressant de garder ces couleurs car les utilisateurs sont habitués de considérer le bleu comme couleur des liens et le rouge comme indicateur de pages visitées
De même, lorsquon utilise pour la navigation des blocs ou des formes de couleur, superposées par des textes de luminosité opposée, on doit les réserver pour les endroits où une distinction des couleurs est nécessaire. Pour les textes superposés, utiliser des énoncés pertinents hors contexte est à considérer. Par exemple, plutôt quinviter lutilisateur à « cliquer ici », inscrire préférablement des mots clés comme « avancez, reculez ». On peut également utiliser des signes dans le même style que les flèches.
Dans les projets multimédias, le texte apparaît généralement de deux façons, soit sous forme de police vectorielle ou sous forme de fichier comme police matricielle (bipmap). Lorsque le texte ou les titres se présentent en format matriciel, ne pas oublier dinclure un texte de remplacement.
En plus de la couleur, certains mots peuvent saccompagner déléments sonores en vue dattirer davantage lattention sur une information importante. Encore ici, il importe de bien choisir les circonstances dactivation des éléments sonores, par un clic ou en survol de la souris. Un contenu sonore fonctionnel devrait toujours primer sur laspect décoratif.
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